Photo : Geraldine Martens
A sa table, l’élément végétal est protagoniste : vous serez surpris par des saveurs sauvages, inconnues et inhabituelles, surtout pour des citadins. « Nous travaillons pas mal les pins, ici nous en avons plusieurs espèces. En ce moment, par exemple, j’utilise dans mes plats trois variétés de pin ayant des caractéristiques différentes. Une entrée qui met à l’honneur le sapin de Douglas, dont la saveur joue sur l'amertume. Ensuite, j’utilise l'Epicéa pour être plutôt dans la fraîcheur et retrouver une senteur de citron vert. Pour finir, il y a le dessert fumé à la pomme de pin, qui met à l’honneur le goût de la sève. » explique le chef.
Au centre des ses créations culinaires, il y a également un autre élément : le feu. Le chef maîtrise à la perfection la technique du bichotan et du fumage : « le goût de feu de bois déclenche facilement des souvenirs champêtres et des émotions. » Tel qu’un fil rouge, la cuisson au feu revient tout au long du repas : une carotte brûlée en entrée, du beurre fumé dans une purée de petits pois, le dessert fumé à la pomme de pin. « Le feu est un élément primitif, naturel, simple. Sans feu, la cuisine ne serait pas possible. »
Le Paris Sainte-Maure
« Je n'aime pas refaire des plats. J'essaie de toujours repartir à zéro. Sauf pour le Paris Sainte-Maure ». A mi chemin entre un fromage et un dessert, ce plat va rester à la carte d’Ardent, assure le chef. Hybride et surprenant, il remplace le plateau de fromages et mélange le Sainte-Maure-de-Touraine avec du chocolat blanc et de la pistache. Le résultat, onctueux et déroutant, marque l’esprit des clients, qui ne reviennent que pour le retrouver, et intrigue les journalistes, qui en font souvent un sujet de reportage. Bref, le Paris Sainte-Maure est devenu le plat signature du chef. « Je me demande même si à terme on essaiera de déposer un brevet pour cette création, pour qu’il devienne un plat emblématiques de la région. »