Fait intéressant : selon l'enquête, les chefs expérimentés révèlent que certains jeunes chefs ont une aversion pour l'autorité et ne sont pas toujours disposés à accepter les suggestions de leurs aînés. Ils estiment que les jeunes chefs devraient s'améliorer principalement dans les nouvelles techniques de cuisson, la réduction des déchets et la gestion d'équipe - des domaines que les jeunes chefs identifient, à l'inverse, comme leurs principaux atouts.
Les chefs expérimentés aimeraient eux aussi s'améliorer dans les domaines de la gestion financière des restaurants, du marketing et de la communication, ainsi que des nouvelles techniques de cuisine. Tout le monde est d’accord sur deux points : l'apprentissage doit continuer tout au long la vie professionnelle d’un chef et les coûts prohibitifs des formations sont une limite à la possibilité d’en suivre de façon régulière.
Les deux groupes estiment également que la pandémie aura un impact significatif sur le rôle du chef dans le futur. 47% des jeunes chefs et 50,4% des chefs expérimentés l'identifient comme le deuxième facteur le plus important qui aura un impact sur l'évolution des chefs, derrière l’essor de la conscience écologique et le besoin croissant de durabilité, et devant le fait que les consommateurs soient de plus en plus exigeants et préparés.
Les résultats de l'enquête ont été discutés lors de deux séminaires en ligne en décembre, accessibles exclusivement aux membres de l'académie, via son groupe Facebook privé. Outre Ryan King, rédacteur en chef de Fine Dining Lovers, les séminaires ont vu participer certains des plus grands chefs du monde entier.
La chef Clare Smyth (Core, Royaume-Uni) a suggéré que la disparité d’opinion des jeunes chefs et expérimentés à propos des forces et des besoins de formation des jeunes chefs pourrait être dû à un manque de communication. « Nous [les chefs expérimentés] devrions apprendre à communiquer avec de jeunes chefs et à être de vrais mentors », a-t-elle déclaré.
Gavin Kaysen (Spoon & Stable, États-Unis), faisant écho au sentiment de Clare Smyth, a déclaré que les résultats de l'enquête représentent une « opportunité pour les chefs seniors de regarder ce que les jeunes chefs cherchent à apprendre et de trouver des moyens de leur enseigner ». Mauro Colagreco (Mirazur, France) a déclaré que les chefs expérimentés ont « la responsabilité d'orienter la nouvelle génération dans la bonne direction ».
Manu Buffara (Manu, Brésil) a conseillé aux jeunes chefs : « Il est plus important d'écouter que de parler », tandis qu'Enrico Bartolini (Enrico Bartolini, Italie) a souligné l'importance de « respecter les positions et de partager les ambitions » en cuisine. Andreas Caminada (Schloss Schauenstein, Suisse) a déclaré qu'il a eu « de très bonnes expériences » en collaborant avec de jeunes chefs.
Concernant la méthodologie de recrutement, l'enquête n'a pas été conçue pour être statistiquement représentative, mais plutôt pour donner un aperçu de la situation professionnelle des jeunes chefs, de leurs besoins en formation et de leurs états d’âme pour l'avenir. Ce fut également l'occasion de questionner les chefs expérimentés sur ces points, tout en ayant un aperçu de leurs opinions d'experts sur les jeunes chefs.
Près de 62% des répondants sont de jeunes chefs, (un peu plus de 42% d'entre eux sont au niveau exécutif ou de chef de cuisine), et ont travaillé dans le secteur de la restauration pendant 8,6 ans en moyenne, contre 21,8 ans pour les grands chefs.
D’autres enquêtes Monitor seront effectuées périodiquement par la S.Pellegrino Young Chef Academy en collaboration avec Fine Dining Lovers. L'Académie, lancée fin 2020, a pour objectif d'être une communauté globale de jeunes chefs. Elle a le but de former la prochaine génération de talents culinaires révolutionnaires, grâce à un vaste programme éducatif et à des opportunités de réseautage et de mentorat qui mettront de jeunes chefs en contact avec certains des plus grands noms de la gastronomie internationale.