Le 21 janvier dernier, à l'occasion de la présentation du Guide Michelin 2019, Christopher Coutanceau a reçu le prix de la gastronomie durable. Cette récompense, décernée pour la toute première fois par le guide rouge, couronne des années de bataille en faveur de l'écologie et de la pêche responsable, dont le chef rochelais est un fervent défenseur.
"C'est bien d'être soutenu par le Michelin. Ca fait des retombées presse et ça permet de mettre le problème en lumière. Mais j'aimerais aussi que le guide sanctionne les chefs qui ne font pas correctement les choses", balance d'entrée Christopher Coutanceau. "Il n'y a pas très longtemps j'ai déjeuné dans un restaurant triplement étoilé à Paris qui m'a servi du bar, des moules et de la langoustine alors que ce n'était pas du tout la saison. Ce n'est pas normal. Il faut parler des chefs qui font les choses bien mais aussi dénoncer les soit disant grands noms qui font n'importe quoi."
Si les médias et les chefs parlent de plus en plus de saisonnalité pour les légumes et la viande, le chef rochelais rappelle que "la mer aussi a des saisons". "Le bar, par exemple, part en fraie (période de reproduction) de décembre à avril. A ce moment-là, le poisson arrête de se nourrir pour se concentrer sur la reproduction. Si on le pêche à cette période, il n'a donc pas de gras, est très nerveux et fibreux... Bref, il n'est pas bon à déguster. C'est comme manger des tomates au mois de décembre, ça n'a aucun sens ! On n'est pas des magiciens ! Si on veut faire de la bonne cuisine il faut que le produit de base soit fabuleux."
De tels (mauvais) exemples, Christophe Coutanceau en a malheureusement des tonnes en stock. C'est la raison pour laquelle Fine Dining Lovers a eu envie de partir à la rencontre de ce cuisinier-pêcheur engagé, au discours tranché et sans détour.