Stéphane Gortina (chef du Spoon), Alain Ducasse et Olivier Lannes (Chef pâtissier du Spoon).
En ce moment, le chef étoilé compare son rôle à celui d'un entraîneur de football, surveillant les stars qui jouent pour lui. Il est le « directeur artistique », comme il le dit si bien. « Celui qui supervise ». Son portefeuille compte aujourd'hui 25 restaurants de Paris à New York, de Tokyo à Doha, et presque tous célèbrent la cuisine française. D'ailleurs, que pense-t-il de la cuisine contemporaine de ses compatriotes ?
« On ne peut pas vraiment parler de 'cuisine française' car chaque chef a un style très personnel. Les cuisines françaises, au pluriel, sont un univers tellement varié, divers et incroyablement complexe... Les bases de la cuisine française viennent traditionnellement de la cuisine de bistro. Mais si vous prenez 100 très bons chefs français, vous découvrirez 100 manières différentes de cuisiner. »
Son regard s'illumine en évoquant l'extraordinaire éventail des produits français de qualité. Un panel qu'il a pu largement explorer cette année en succédant à un certain Paul Bocuse en tant que Président du jury des « Meilleurs Ouvriers de France ». Le chef revient d'ailleurs sur l'un des plats qu'il a dû juger lors de la finale, l'agneau de lait :
« Il y avait 36 finalistes ! 36 ! J'ai goûté 36 agneaux différents – de Normandie, des Pyrénées, de la Provence – tous parfaitement cuits, parfaitement assaisonnés avec une sauce parfaite. Même si l'on trouve de l'agneau partout dans le monde, en Ecosse, en Nouvelle-Zélande ou au Japon, vous ne trouverez jamais ailleurs une telle diversité gustative. »
A l'entendre, on se demande s'il est possible de découvrir la haute gastronomie française en dehors de l'Hexagone. « C'est difficile de trouver les bons produits. Du moins en dehors de l'Europe. Pour atteindre les plus hauts sommets de la gastronomie, il faut une histoire française. »